Violaine Dubernard Laurent






Monographie

Peintures 2000-2020
Préface Annie Dubernard Laurent


Coordination éditoriale:

Benoit Delplanque (TIMKAT)
Annie Dubernard Laurent
Elizabeth Leith (version anglaise)

Livre illustré avec textes et contributions
240 pages

Septembre 2020

Visionner le livre:

 
 




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"Life and death in Venice"

Par Annie Dubernard Laurent

Historienne de l'art
Docteur ès Littérature comparée 
Agrégée de l'université

Préface de la monographie 2000-2020
Juin 2020


 
"Le titre de cette préface, choisi par Violaine, correspond parfaitement à la dualité de sa démarche, de son travail. La vie, la mort. Mais pourquoi Venise?

​Avant d'essayer de répondre à cette question, tournons-nous vers ce que ce travail nous révèle d'abord de la vie. Et d'emblée, ce qui frappe, c'est l'omniprésence de l'eau. "Water, Water everywhere", écrit le poète Coleridge (The Rime of the Ancient Mariner dans les Lyrical Ballads, 1798). L'eau, en effet surgit ici sous une forme poétique. La vie y est représentée par des fluides et ce que l'artiste nomme leurs métamorphoses … la vie s'écoule comme un fleuve, sans cesse en mouvement, sans cesse transformé, symbole de continuité et de renaissances … Mais ce fleuve serait un peu stérile s'il n'arrêtait parfois ces changements permanents et ne calmait son agitation pour prendre le temps de se poser dans des marres, des étangs porteurs de nénuphars qui sont eux aussi des manifestations de vie. Ce sera ici sous forme de boîtes de Pétri, car si Violaine se souvient de Monet, son médium ici est différent de celui du peintre de Giverny. Se souvenant de ses études scientifiques, elle a recours à ces boîtes cylindriques transparentes utilisées par les biologistes pour la mise en culture de micro-organismes, et ces boîtes flotteront pendant plusieurs semaines sur un étang … Symboles là aussi de vie, en épousant la forme des nénuphars. On n'ose parler de joie. Même si c'est un hymne à la beauté du monde, comme les jardins suspendus.

L'eau des rivières (Violaine est d'ailleurs le nom d'un cours d'eau...), des fleuves, des étangs … mais que dire de la mer?

La mer, "a sea of troubles" selon Hamlet, ou au contraire, "la mer, la vaste mer" celle qui "console nos labeurs", selon le poète (Baudelaire, Moesta et errabunda, Spleen et Idéal, 1857)? N'avons-nous pas là l'autre côté de la vie? la mort? L'eau comme tombeau avec Ophelia (toujours Shakespeare...) mourant dans un étang, du peintre Millais, la mer et ses naufragés des tableaux romantiques?

C'est là qu'apparaît l'autre vision que Violaine a de l'eau … l'eau sombre. Car la mort qui souvent domine, arrête le flux paisible, et même le tumulte des eaux en pleine métamorphose. Le destin est là, qui pèse sur nos vies. Les guerres, les destructions, la misère, les épidémies, la fin des civilisations, les naufragés … La mer devient alors un linceul qui loin de console nos labeurs, nous engloutit dans un long sanglot, sans retour possible à aucun rivage. L'abbaye de Vertheuil fut en ce sens l'endroit idéal pour exposer toute cette misère: le sol froid de l'abbaye sur lequel reposent les tableaux est le meilleur support de ces traversées mortelles. Espérance néanmoins.

Palmyre et ses ruines enchantaient les visiteurs tels Léon de Laborde, mais Palmyre est devenue ruine des ruines, ce que l'artiste rend visible avec le procédé de peinture sur photographie: dimension tragique, et symbole de la fragilité, pour ne pas dire la folie humaine.

​Deux visions donc qui cohabitent dans le travail de l'artiste.

​Et Venise alors? Pourquoi centrer l'idée de vie et de mort sur Venise en particulier?

​Mort à Venise. Qui ne connaît le roman, de Thomas Mann Der Tod in Venedig publiée en 1912, ou le film de Visconti de 1971 ou encore l'opéra de Benjamin Britten de 1973?
Venise et le cholera. Venise et son charme maléfique, Venise et les masques de son carnaval, ville unique par sa beauté décadente.
Ses lumières et couleurs qui obsédèrent les peintres dès la Renaissance. L'artiste comme beaucoup est tombée sous le charme de cette cité unique, à l'occasion de voyages répétés. Mais il faut ajouter un autre objet de son attention particulière, cet autre sortilège que représente Turner (1775-1851). Au cours de ses fréquentes visites à Londres, à la Clore Gallery, Violaine s'est prise de passion pour ce génie du romantisme qui séjourna trois fois dans la Cité des Doges.

Elle n'a pu voir l'exposition de 2003/2004 dans la capitale, Turner and Venice, mais elle a consulté tous les catalogues publiés depuis 2002: Turner and Marden (2002), Turner et le Lorrain (Nancy 2003), Turner-Whistler - Monet (Paris 2004/ 2005), Turner et la couleur (Aix en Provence 2918); celle qui l'a le plus marquée, c'est l'exposition à la Tate de 2014-2015, « The Late Turner »… C'est en effet dans ses dernières œuvres que Turner, totalement dégagé de l'influence du Lorrain, s’est entièrement consacré, dans ses peintures et ses aquarelles surtout, à la représentation des éléments, l'eau, le vent, la pluie, le brouillard, les tourbillons de vapeur, de fumée même et le soleil, le soleil couchant ...

Or, si l'on veut résumer, dans ces dernières œuvres, et ce qui intéresse Violaine, est qu'il est passé de ce que l'on a pu appeler peut-être abusivement l'impressionnisme, dont il serait le "père" avant la lettre, à l'abstraction. Turner évoquera donc Venise sous cette forme abstraite. C'est là que Violaine Vieillefond, peintre abstrait, trouve cette double inspiration. Une cité au charme décadent, à la beauté maléfique mais magique aussi.

Chez elle, les tableaux abstraits reflètent cette vision bipolaire de la vie et de la mort. Venise est le symbole pour elle de cette dualité incertaine entre la couleur et le noir, le mouvement de l'eau et la menace d'une catastrophe, mais toujours avec l'idée d'une renaissance possible. Songeons à la grande peste de 1629, à l'origine de basilique Santa Maria della Salute, aux merveilles de Titien et Tintoret (Noces de Cana). D'ailleurs le bleu l'emporte souvent dans son travail, symbole de vie.

Reste la lumière, si présente chez Turner. Celle de Venise aussi. Peut-être Violaine fera-t-elle aussi, dans la suite de son parcours, le choix de la lumière, de toute la lumière, rien que la lumière, fût-ce celle du soleil couchant, sur les flots endormis de la lagune, les derniers feux de "Venise la rouge", où, comme le dit Musset, "pas un bateau qui bouge, pas un pêcheur dans l'eau".


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"REVELATIONS 2017 - 2018 - 2019"
Dixième rencontre avec les Artistes


Décembre 2019
Volume retrospectif des expositions et acquisitions de 2017 à 2019 du

Département Mécénat et Actions Caritatives
de OFI ASSET Management


Présentation biographique et des oeuvres acquises pour le fond de la collection

  
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ART'N MAG

N°10
"LE BLEU"



Septembre- Octobre 2019

Par Anne-Claire SIMON
Galeriste


  

 







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"L'éclat du bleu"
Nuance et essence du bleu en littérature, en art et dans la société contemporaine


L'Harmattan
Septembre 2019

Sous la direction de Geneviève Vilnet

 Présentation dans la contribution de Anne-Claire SIMON
Galeriste


  







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"Toiles d'eau, #1, Le Bleu"

Par Anne-Claire SIMON
Galeriste


Sortie du catalogue à l'occasion de l'exposition collective "LE BLEU" (16 pages)

GALERIE ANNE-CLAIRE SIMON
16 rue Guénégaud 75006 Paris

3 - 23 juin 2019


"Dans cette nouvelle série de très grands formats, Violaine Vieillefond poursuit sa réflexion sur l’Eau, et imagine l’influence de la couleur dans son rapport avec l’élément.
Elle fait ainsi interagir pigment et liant par un jeu de dilution à l’eau.
Chaque composant est traité avec la même souveraineté, dans le but d’explorer les limites de la couleur bleu, de ses nuances les plus claires et aqueuses, aux plus sombres et intenses.
L’artiste choisit le très grand format pour représenter avec plus de liberté l’immensité et la richesse d’une étendue d’eau, afin de pouvoir en appréhender les mystères et l’essence la plus profonde.
Les toiles libres font écho au mouvement des fluides, se laissant porter par les autres éléments de la Nature, auxquels l’eau est associée – notamment dans une certaine gamme colorée : le bleu, le blanc, le gris, etc.
C’est également la palette choisie pour Toiles d’eau, afin de capturer les fluctuations de cet élément.
La couleur est conduite par les injections aqueuses et les variations du support libre, recréant le mouvement instinctif de l’eau dans son paysage naturel.
Du Turquoise au Prusse, l’artiste nous transporte des plages équatoriales, où la chaleur semble se lire dans la clarté de l’eau, aux océans du Grand Nord, si sombres et profonds, tout en mettant à jour une problématique écologique de respect de cet élément vital."  
Anne-Claire SIMON.


Extraits:




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"Monuments"


Par Maryse VIOLIN-SAVALLE
Historienne de l'art, écrivain, critique d'art pour la Revue de la Socitété des Amis du Musée National Eugène DELACROIX

Texte du catalogue d'exposition
GALERIE ARTCUBE
5 juin- 16 juin 2018
9 place Furstemberg
75006 Paris


"Des siècles durant notre imaginaire, des Regrets de Du Bellay aux Élégies romaines de Goethe, associa l’idée de ruine à celle d’une destruction lente du temps. Et durant des siècles les peintres ornèrent leurs paysages de «fabriques»; reproduisirent sans fin des vues de Rome, de Pompéï, d’Athènes…
Comme beaucoup d’artistes d’autrefois, Violaine Vieillefond accomplit une sorte de «grand tour», comme eux elle fut fascinée par l’Italie, la Grèce, leurs temples, colonnes, murs écroulés, dalles sans âge d’anciennes voies qui semblent vous emmener vers un ailleurs, un autre monde resurgi du passé.
Mais Violaine vit au XXIème siècle. Non seulement elle porte comme beaucoup la mémoire trouble d’un passé plus récent, des tranchées de 1914 à la destruction de Palmyre, mais au delà des conflits sanglants, la conscience de cette disparition présente sous nos yeux, lente et sournoise non seulement de notre culture, comme Valéry l’avait compris, mais de notre environnement, de tout notre univers d’êtres vivants.
Est-ce bien le temple de Delphes que cette cascade bleue à laquelle répond cet «Arizona dream III», cette excroissance minérale? Végétale? dont le turquoise obsédant n’occulte pas entièrement la pourpre des rochers?
Quel paysage athénien est noyé de rouge comme si du sang coulait sur les yeux de celui qui regarde?
En tournant la tête un autre rêve arizonien (II) noyé de brume, mais une brume d’azur dont la nuance rejoint le paysage de Delphes. Non loin une grande toile polychrome semble se réverbérer sur le mur, « Arizona Dream I », où le paysage naturel n’est plus occulté, dissimulé (détruit?) par quelque cataclysme, mais où l’onirisme fait naître des teintes flottantes, à la fois douces et flamboyantes, qui le subliment.
 
Visions du rêve vivant. Le vieux rêve antique, ressurgi sur les photos des Dieux et Déesses. Images préservées, aperçues sous le lit d’une eau dormante, grâce à divers procédés de frottages, humidification du papier, superpositions, qui n’altèrent en rien la beauté pure des visages. En contraste total avec la série de plexiglas intitulés «sur les ruines d’Athènes», fresques sculptées de guerriers qu’on ne distingue plus que par fragments, un vague profil, un casque, une tête de cheval, pris dans l’âpreté du combat, la violence du geste, la lumière aveuglante, le vertige du néant. Tout est recouvert de cendres, l’artiste voulut se souvenir du Missolonghi de Delacroix…
En face, d’autres combattants, ceux de peintures minoennes et mycéniennes, moins tragiques grâce au retour d’un chromatisme à dominantes chaudes. Un oeil extraordinaire, soudain émergé dans la lumière au dessus du recouvrement des siècles, fascine. On ne sait plus ce qu’il regarde: l’infini, la mort? Ou cette éternité, cette résistance au temps, à la destruction, au pire, exprimée dans les trois plexiglas intitulés «Refaire surface, Palmyre» (I, II, III), créés à partir de photos prises vingt ans avant la folie de Daesh. Il y a ces vagues surgissantes, ces fumées, ces excroissances brusques d’étranges lichens, chacun y verra ce qu’il veut, mais aussi le souvenir, le songe, la rémanence de la beauté du monde…
 « L’Hamlet européen regarde des millions de spectres» écrit Valéry dans sa célèbrissime lettre ouvrant La Crise de l’Esprit. Aujourd’hui cet Hamlet c’est peut-être d’abord l’artiste, celui qui non seulement éveille les fantômes - les vestiges de notre conscience - mais aussi, envers et contre tout, crée sans relâche.
ruines
."








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"Mémoires d'eau"

A propos de l'exposition
ABBAYE DE VERTHEUIL
en MEDOC (33180)

7 juillet  - 3 septembre 2017



-> Retour sur l'exposition,
un film de la Mairie de Vertheuil:


http://www.vertheuil-medoc.com/2017/07/07/memoires-deau-a-labbaye-de-vertheuil/






Michèle TARDAT, Le Journal du Médoc, 18 aôut 2017



Dominique BARRET, Le Journal du Médoc, 14 juillet 2017


Catalogues des oeuvres 20 pages:

     





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"Du ciel aux abysses"
Blog 2A Ailleurs & Autrement en pays d'Arts
Par Molly MINE
février 2017


Extraits:

"On aime particulièrement le surgissement de l'espace, cet entre-deux souvent insaisissable,
que Violaine Vieillefond parvient à obtenir par le jeu des couleurs, faisant surgir un monde fluide et coloré où il nous semble naviguer
comme si nous étions à l'intérieur de nous-mêmes.

Abolissant les frontières entre dedans et dehors, ses "Jardins suspendus "(2016) ne sont pas sans évoquer les techniques anciennes des maîtres japonais.
On est également saisi par le fait qu'elle fait naître des architectures presque viscérales dans son work in progress de 2016 "Tout autour il y a le gouffre",
questionnant par ses mises en espace tout notre être-là. Un tourbillon de la matière de semble à la fois fluide et en travail,
pour libérer dans sa puissance une spiritualité."




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L'Officiel des Galeries & Musées à propos de l'exposition 

"renaissance(s)" 


GALERIE TEODORA
24 mars - 14 mai 2016

mars 2016

"Du 24 mars au 14 mai, la Galerie Teodora présente les peintures de Violaine Vieillefond à travers l’exposition renaissance(s).
Renaissance(s) fait suite à un voyage en Italie, où l’artiste a puisé une inspiration renouvelée. Les couleurs sont puissantes, et habitent la toile dans une forme insaisissable, dont on ne sait si elle est mouvante ou figée.  Les roses, éclatants, les dorés, plus bruts, et les bleus, mystérieusement profonds, mènent à une contemplation extatique d’une peinture que l’on ressent pulsionnelle et sensible.
 
A découvrir à la Galerie Teodora jusqu’au 14 mai.
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Catalogue 16 pages:






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"renaissance(s)"

Par Maryse VIOLIN-SAVALLE
Historienne de l'art, écrivain, critique d'art pour la Revue de la Socitété des Amis du Musée National Eugène DELACROIX
janvier 2016

Texte de l'exposition 
GALERIE TEODORA
24 mars - 14 mai 2016
25 rue de Penthièvre
75008 Paris 


 
Ces toiles de Violaine pourraient avoir surgi des vasques des fontaines écrasées de soleil, mais aussi des printemps, celui d'aujourd'hui comme ceux du passé
qui ont nourri les troncs des très vieux arbres.
 
Toiles nées d'un voyage, de longues perspectives sous un ciel majestueux, de façades de palais et de colonnades déroulées à l'infini. Jusqu'à de lointains paysages, t
rop lointains aux yeux éperdus de l'artiste.
 
Mais c'est dans cet espace mouvant que la peinture s'imposa brusquement, sans ombres, sans détours, avec ses roses fiévreux et ses bleus mystiques.
Sous la poussière d'or des anciens maîtres la nature tremble et frémit à nouveau.
 
C'est la coulée vivante, le souffle du désir dont la forme s'échappe devant nos yeux avides, la forme insaisissable qui n'est que la lumière qui effrite les pierres, les ressacs de l'écume d'un ciel éblouissant entre les cris d'enfants. Mais que serait l'azur sans l'espace et le vent, sans les froissements d'ailes,
sans l'éclat des sources ou de ces lents courants qui reflètent les feuilles les mousses et l'écorce des arbres aux crêtes hautes...
 
Les chevelures des anges dansent sous les miroirs, comme une algue s'enroulant dans les yeux du rêveur.
Ces chemins abolis des forêts de légendes que nous retrouvons, et leurs métamorphoses de l'aube au crépuscule.
 
Telle une arche, la toile n'est pas la fenêtre, celle de Matisse sur un monde enivré, mais la porte d'un temple invisible dont les voûtes résonnent du murmure de l'eau sinueuse des sources qui le traversent, où les pétales brûlent la neige de ces fonds blancs, tantôt lisses tantôt bosselés, dont la matière sillonnée de subtils reliefs s'échappe et joue librement entre les taches et les courbes des coulures, vertes, turquoises, roses, et parfois même orange, la teinte flamboyante des icônes, de l'enfance renaissante qui déchire le soleil de ses ailes d'argent.


 




L'officiel des Galeries & Musées:
 




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Catalogue 16 pages:




    



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"Du songe à l'image"

Par Maryse VIOLIN-SAVALLE
Historienne de l'art, écrivain, critique d'art pour la Revue de la Socitété des Amis du Musée National Eugène DELACROIX
mars 2014


Texte de l'exposition
GALERIE TEODORA
5 février - 7 mars 2015
25 rue de Penthièvre
75008 Paris

"Le silence de la peinture est sa musique propre. Celle de Violaine Vieillefond est d'une qualité particulière. Un silence sans parasite, celui de l'eau, des lacs ou des grands espaces.
Elle dit d'ailleurs n'écouter aucune musique en même temps qu'elle peint, manière de chercher celle qui lui est propre, de capter ce son particulier qui s'articule dans une dynamique interne, de toile en toile, non monochromes mais unichromes - si l'on peut tenter ce néologisme - camaïeux subtils ou variations autour d'une même couleur, d'un timbre de fond.
Plages vibrantes qui sont les poses particulières, plus ou moins lentes, graves ou légères de ce silence pictural.

Un unique mouvement semble animer parfois les toiles comme une rivière souterraine dont le courant affleure ici et là, laissant le ciel s'y refléter, avant de se perdre au milieu d'une prairie, grouillant  d'une vie primitive entre l'amibe, le coquillage et la feuille.
Ce sont de grandes toiles vertes ou des lagons bleus. Le bleu, couleur froide, devient ici éblouissant d'un outremer sans fin. Ce n'est pas du bleu Klein, c'est du bleu Violaine, l'azur crépusculaire d'une mer chaude, dans le mouvement fluide de cette algue, ou cette roche presque noire, au centre de la toile, visible un instant avant qu'une vague ne la recouvre.
Où le rouge est présent, c'est un carmin assourdi brodé de fil noir, aussi libre que l'eau, que la trame de la toile emprisonna soudain. Et le rose il y en a, s'égrène sur des petits carrés, collé comme un pétale sur un herbier, mais d'une fleur vivante.

Contraste saisissant avec les tableaux noirs, abysses marines ou volcans éteints, ou villes englouties aux cendres froides. Bouillonnement chaotique entre deux mondes, que cet hommage à Pierre Soulages, un des maîtres que Violaine Vieillefond affectionne en particulier. Mais les veines de la toile sont ici circulaires, évoquant la coupe d'un arbre tronçonné, fossilisé, où la lumière laisse encore briller, déci-delà, des fragments plus luisants que d'autres, comme des morceaux de mica. Matière mystérieuse d'une vie qui ne nous appartient plus, ou pas encore, sédiments au fond des rivières où le temps s'est figé.

Noire toujours l'encre acrylique sur le papier, mais elle se déploie en arabesques libres à travers la lumière pure du blanc.
Lumière que la toile peut aussi filtrer en d'infinies nuances gris-argent, douceur lunaire d'un nuage si vaporeux qu'il nous emmènerait vers un de ces ciels mythologiques des plafonds anciens, sans Zéphyr, ni  char ailé, ni colombes, mais la peinture, la vraie, se joue des siècles."







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Catalogue 20 pages:



   


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"Shadows of forms"

Par Bernard POINT
Membre du comité du salon du dessin contemporain Drawing Now de sa création à 2014
Créateur et directeur de l'Ecole des Beaux Arts de Genevilliers et de sa galerie Edouard Manet de 1968 à 2002
décembre 2013

Texte de l'exposition
GALERIE ARTCUBE
3 février - 9  février 2014
9 place Furtsenberg
75006 Paris

Après avoir eu le plaisir de naviguer plusieurs fois avec "les métamorphoses des fluides" de Violaine VIEILLEFOND, me voici maintenant à l'ombre de gestualités nouvelles, qui tout en se proclamant "Shadows", m'imposent la présence constante de formes réelles. Mentalement je pénètre au coeur de cet "ARTCUBE" pour mieux m'imprégner de ce qui va combler ce lieu cubique, tout en me troublant par l'immatérialité sombre de formes indéfinissables, puisqu'elles ne sont évoquées que par leurs ombres mouvantes.
Au coeur de la structure géométrique de ce carré lumineux, je pense me retrouver pris au piège d'un environnement gesticulé par les gestes sombres
qui s'agitent spontanément sur le plus grand nombre de toiles.

Paradoxalement Violaine m'offre près d'une ouverture sur une cour végétale, une lumière éclatante en apparition sur une toile qui s'oppose à ses voisines,
pourtant en les valorisant, en donnant plus d'intensité à la picturalité assombrie de leurs corps.
En passant d'un côté à l'autre de ce cube, je ne perds nullement la rigueur architecturale, mais ressens une certaine respiration charnelle. De part et d'autre d'une vitrine, deux grandes toiles verticales introduisent un peu de couleur végétale en donnant ainsi au décor urbain qu'elles encadrent, une dimension magique issue d'une gestualité humaine, comme atmosphérique.

Quitter maintenant ce carré, c'est le pénétrer en utilisant l'escalier hélicoïdal qui définit l'axe vertical de ce cube. Devant des murs maçonnés de pierres traditionnellement meulières, Violaine a choisi de faire vivre entre le noir et le blanc des oeuvres sur papier suspendues en avant. Ainsi elle sait faire flotter les assises de cette historique et lourde architecture. Un ensemble d’acryliques sur papier qui monte jusqu'à 1m.73, fait danser de subtiles taches qui sont perçues par moi comme de curieux animaux qui semblent jouer à se combattre.
En suscitant un questionnement merveilleusement dansant je participe lumineusement à l'apesanteur flottante de ces oeuvres.

Sur un autre mur, de petits monotypes à base d'encre sur papier, osent se stabiliser grâce à des formes solidement encrées, qui me font pénétrer en méditation au coeur de la densité de leur matière, en me plaçant au plus profond de cet "ARTCUBE" pour me reformer en apesanteur au sein de ces divers et magnifiques ""SHADOWS OF FORMS".



Catalogue 16 pages:



      


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Le paradigme du nénuphar: préparation d'une oeuvre flottante...
Un film de Michal DONIO
décembre 2013





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"Nenufluides"

Par Bernard POINT
Membre du comité du salon du dessin contemporain Drawing Now de sa création à 2014
Créateur et directeur de l'Ecole des Beaux Arts de Genevilliers et de sa galerie Edouard Manet de 1968 à 2002
décembre 2013

Texte de l'exposition

"Métamorphoses des fluides & le paradigme du nénuphar"

ENSTA PARIS TECH
13 décembre 2013 -  28 février 2014
Palaiseau 


Une fois de plus une visite dans l'atelier de VIOLAINE VIEILLEFOND métamorphose mes multiples sensations, dans la fluidité de leurs navigations, tout en accroissant la densité de leurs découvertes. En effet l'artiste me plonge, grâce auxdocuments photographiques du lieu à investir prochainement, dans un univers croisant la rigueur d'une architecture, à la fluidication de sa démarche picturale.

                        Je découvre un grand hall où je retrouve ce diptyque qui fait exploser la noirceur d'une flaque d'acrylique, ainsi que les éclaboussures qui y répondent en se ramifiant. Comme dans dans la précédente exposition au "Pavillon de l'eau" où il voisinait avec deux toiles qui portent sur fond blanc les nuageuses formes bleutées de cieux, qui deviennent paradoxalement les vagues tempètueuses d'un océan fluidifiant. Ce n'est pas par hasard que je découvre ce projet d'accrochage identique, car il rompt violemment avec la rigueur géométriquement horizontale du mur support. L'alignement de ces oeuvres jouant de leurs formes verticales ou horizontales, symétriquement accrochées de part et d'autre de ce diptyque, font danser cette gestualité au dessous de l'imposante raideur architecturale, pourtant traversée de lumière, grâce à la translucidité de sa verrière.

                         Sur un autre mur, mais cette fois au dessous d'un balcon bétonné, Violaine m'offre l'image de deux grandes toiles carrées qui en réalité sont quatre verticales supportant la mouvance graphique de gesticulations arachnéennes. L'un de ces carrés associe sur ses deux rectangles accouplés la froideur d'une matière marine, et l'éclatement ponctualisé de taches de chaleur qui semblent s'envoler, tout en fixant paradoxalement encore, leur illumination rougeoyante. A côté, l'autre carré, toujours coupé en deux verticalement, affirme la verdeur et le bleuté de ses formes semblant flotter diagonalement, tout en se laissant traverser de filaments excités par une blancheur sur-posée en écrits tumultueux, sans oublier la virginité de la toile-support encore en vie, car sauvegardée dans les angles supérieurs et inférieurs.

                        Plus loin dans une salle placée sous plafond bas, l'artiste choisit un ensemble d'oeuvres qui apportent une lumière curieusement sanguine dans un espace plus intime, qui par l'encombrement de ses tables et sièges, peut faciliter des rencontres chaleureuses. Violaine choisit en suite fluidifiante dans un autre lieu évoquant la douceur textile d'un salon, ainsi que le temps attentif à la lecture, de poser de grands diptyques verticaux faisant dialoguer la chaleur profonde de rougeoiements, avec la noirceur infinie d'un espace séparant à mes yeux deux évocations respirantes de profils méditatifs.

                        Plus près des vitres s'ouvrant sur un espace assez végétal, une nouvelle peinture répond à ce dialogue en croisant dans l'ordre et le désordre, une gesticulation graphique mêlant le clair et le sombre, comme le chaud et le froid. A nouveau, sous ces balcons qui cadrent sévèrement ce grand hall, des oeuvres de petites dimensions égalitaires cadrées rigoureusement de bois naturel, deviennent de véritables escales qui ponctuent de leurs lumières fluidiques et marines, la rigueur répétitive dans son horizontalité de la structure murale.
                        Pour moi ces nouvelles découvertes des "METAMORPHOSES DES FLUIDES" semble se conclure sans pour autant fermer la porte. En effet je pense finir mon itinéraire imaginaire en faisant dialoguer deux oeuvres, noir et blanc, dont l'une introduit un déchirement lumineux sur un fond obscur, alors que sa voisine reste fondamentalement blanche, afin de mieux faire danser la noirceur de ses formes flottantes. Encore une fois je peux me questionner, sans obtenir de réponse impérative, mais en suggérant des interrogations métamorphosant mes fantasmes en les enrichissant de créativité interrogative. C'est ainsi que je flotte entre l'horizontal et le vertical en posant mentalement au sol ces véritables "nymphéas" crées par Violaine, tout en dressant muralement l'évocation d'un monde humide qui fait naître de poétiques nénuphars.

                      C'est alors que j'apprends qu'une installation de courte durée prendra place au sol de ce grand hall. Pendant une douzaine de jours l'artiste jette littéralement au sol, au coeur de cette exposition "LE PARADIGME DU NENUPHAR". C'est en réalité une immense superposition de boites de Pétri chargées de matière picturale, comme celles déjà présentées au "Pavillon de l'eau" semblent avoir, grâce à la densité de leur germination, le paradigme d'une déclinaison. Elle se conjugue néanmoins an sein d'un archipel magnifiquement chauffé de formes flambantes, qui une fois encore paradoxalement, sont emprisonnées de  bordures froidement marines, qui semblent géographiquement faire flotter ces îlots de lumière. Je suis au sol au milieu de toutes œuvres accrochées, et rêve de m'envoler dans les étages pour survoler cette cartographie picturale que VIOLAINE VIEILLEFOND a choisi de créer pour symboliser cette "METAMORPHOSE DES FLUIDES".



Catalogue 12 pages:




-> Communiqué de presse



 

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"Métamorphoses des fluides"
Une interview télévisée de Téléssonne
"On a des choses à vous dire" , émission TV du 12 février 2014 présentée par Fabrice ARDITI
 Reportage de Martine GUEGAN


A PROPOS DE L'EXPOSITION A L'
ENSTA PARISTECH
13 décembre 2013 -  28 février 2014
Palaiseau 




© Telessonne http://www.telessonne.fr


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Le Parisien, à propos de l'exposition "Métamorphoses des fluides" , ENSTA PARISTECH
décembre 2013




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Rencontre avec Violaine Vieillefond
Un film réalisé par le Service Communication du SIOM Vallée de Chervreuse
juillet-septembre 2013



@SIOM Vallée de Chevreuse



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"L'art vivant de la métamorphose"
Revue AZART n°61
mars-avril 2013 (pages 68 à 76)


Par Molly MINE





Ingénieur de formation, cette jeune plasticienne a trouvé l’inspiration dans les incroyables méandres
de l’univers qu’il soit macro ou microscopique.
Dans ses peintures et installations, elle met en scène des métaphores de la vie en ses métamorphoses.

 
Violaine Vieillefond a une sorte de culture des racines. Pas de celles, tribales, venues d’ailleurs, qu’on a vues nourrir des générations de peintres, parfois avec une facilité manquant d’authenticité.
Non, elle, puise dans une histoire personnelle et…universelle. Sa formation scientifique, imposée par une forme de « vocation familiale » obligatoire, lui fait obtenir,
après une sérieuse « prépa » à Louis-Le-Grand, son diplôme d’ingénieur de l’Ecole nationale supérieure des techniques avancées de Paris. Mais elle quittera le laboratoire pour l’atelier,
après avoir suivi des cours d’histoire de l’art et mené à bien un cursus peinture aux Beaux Arts.

La jeune femme n’y voit pas de contre-indication : elle a trouvé de quoi se « nourrir » visuellement, en observant ces territoires si particuliers qu’ouvre l’exploration scientifique. Comme pour nombre de chercheurs, la découverte des paysages microscopiques ou macroscopiques, extraits du corps humain, issus des étoiles, sortis des projections de particules ou composant les molécules reste la source d’un questionnement essentiel. Et la démarche d’un scientifique ou celle d’un artiste ne sont pas si éloignées. Son tableau de référence reste le chef d’œuvre, « D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? » qui résume, pour elle, la condition humaine. Ce tableau, peint avec les éléments dont Paul Gauguin disposait en 1897, quel serait-il aujourd’hui.
Ce questionnement est, nous dit Violaine Vieillefond, « au cœur » de son travail, parce que « la peinture nous met de plain-pied face à cette interrogation ». A l’essentiel, en somme.
Dans son atelier de Vitry-sur-seine, la jeune plasticienne met en pratique un enseignement de Démocrite, que ne renierait aucun savant, en toute modestie : 
« Tout ce qui existe est le fruit du hasard et de la nécessité ».

Réalisant d’abord ses tableaux à la peinture à l’huile, elle lui préfère ensuite l’acrylique. Ce changement l’amène à une forme d’abstraction. Elle travaille son support à plat, l’inondant d’eau, car pour elle, « la matière originelle est liquide, c’est la matrice dans laquelle l’accident initial va induire une série de nécessités ». C’est en effet sur ce support fluctuant que, sans attendre qu’il sèche, elle déverse, comme le ferait un volcan, des flux de couleurs. « Tout va très vite », dit-elle, « ça va dans toutes les directions. Des formes surgissent mais parfois, on ne peut les arrêter et elles disparaissent »,
même si la plasticienne intervient pour guider ce flot presque indomptable.

Pour Violaine Vieillefond, ces errements évoquent un univers biologique, « lui aussi constitué de rencontres et de disparitions ». Pas de dessin, ni de dessein originel. Dans son travail, seule la couleur est génératrice. On pourrait dire quasi expérimentale : « J’aime ce côté éphémère avec lequel il faut jouer. Il existe toujours une temporalité, mais on ne la maîtrise pas. » D’où une part de risque : on n’est pas sûr du résultat. « On ne contrôle pas tout », reconnaît-elle, et parfois, enter le fait du hasard et le geste bien pensé, le conflit est sans solution :
l’œuvre, décevante, est alors vouée à la destruction.

Fascinée, l’artiste réfléchit à un mode d’enregistrement vidéo qui permettrait de garder mémoire, trace « du moment, du mouvement de la vie qui s’est passé », dans le secret de l’atelier, pour le donner à voir. Elle estime, en effet, qu’il serait intéressant de monter aussi la dimension de performance de ses créations.
La plasticienne associe ses couleurs à des univers. Avec les rouges, pour elle, « on est à l’intérieur du corps, la cellule ; dans le domaine biologique ». Le bleu est plus aquatique, voire sous-marin, un monde où aussi le végétal et le céleste se rejoignent. Le noir est blanc, qu’elle affectionne particulièrement, reste moins défini par ce qu’elle estime relever des « couleurs de la nature ». Peut-être, s’interroge-t-elle, s’apparente-t-il au cosmique, à l’espace. Peut-être est-ce aussi pour elle une manière d’affirmer sa volonté de sortir de domaines que l’on associe trop directement à l’ordre organique ou végétal. Elle avoue en tout cas apprécier la force du noir et blanc. Pas uniquement pour ses qualités graphiques, « mais plutôt parce que l’on produit une lumière différente ».
Il est vrai que dans toutes ses toiles, qu’elle que soit la dominante, rouge, bleue ou noire, ou qu’il s’agisse d’une composition multicolore, violaine Vieillefond parvient, par la couleur, à susciter la dimension spatio-temporelle. Dans tel tableau, vous vous croyez immergé dans une forêt d’algues au fond de la mer. Dans tel autre, vous vous imaginez un voyage dans le cerveau humain. Dans tel autre encore, vous croyez observer au microscope les mutations d’une cellule souche, à moins que vous n’ayez été transplanté brusquement sur une autre planète d’où vous admirez, d’un oeil neuf, l’univers. Violaine Vieillefond a l’art de saisir l’éphémère dans ce qui est particulièrement difficile à fixer : les métamorphoses qui président au surgissement de la vie.

Ce n’est certainement pas un hasard, si l’une de ses récentes installations est réalisée sur des boîtes de Pétri, ces cylindres de verre ou de plastique où les biologistes cultivent des micro-organismes, des bactéries, voire des embryons. C’est pour la plasticienne un hommage à « l’avant, le tout début de la vie ». Mais ces structures peintes de manière à créer un relief à la peinture, donnent corps à ce qui n’existe pas encore, pour abolir toutes les frontières entre infiniment petit et infiniment grand. Flottant à la surface d’un étang, accrochées à un mur ou suspendues dans l’espace d’une galerie, leur signification est toute autre : nymphéas, particules élémentaires ou astéroïdes…

La pratique, essentiellement métaphorique de Violaine Vieillefond, nous amène à constater que la vie est infinie et à percevoir que la dimension de l’espace peut être perçue à des échelles différentes. « La peinture permet de concevoir cette ambiguïté », appuie-t-elle. L’abolition des limites, et des frontières,
que met en œuvre Violaine Vieillefond s’apparente sans nul doute à une nouvelle forme de poésie, qui s’offrirait des dimensions interstellaire et intercellulaire !

Pour l’avenir, Violaine Vieillefond, qui vient de réaliser plusieurs expositions et installations, conserve les pieds sur terre, et nous a dit s’être mise « en jachère ».

Pour mieux ressurgir, demain, comme l’eau dort souvent avant de jaillir en source.



Intégralité de l'article illustré (9 pages):


© Azart




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"Le Boson de Higgs"
Un film réalisé par Universcience
Exposition à la Galerie Point de Vue d'artistes- Espace Science Actualités
Cité des Sciences et de l'Industrie- La Villette (Paris)

novembre 2012-mars 2013

 
 

@Universcience




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"Métamorphoses des fluides"

Par Bernard POINT
Membre du comité du salon du dessin contemporain Drawing Now de sa création à 2014
Créateur et directeur de l'Ecole des Beaux Arts de Genevilliers et de sa galerie Edouard Manet de 1968 à 2002


TEXTE DU CATALOGUE DE L'EXPOSITION 

PAVILLON DE L'EAU

Septembre 2012 - janvier 2013




 
Une récente et nouvelle rencontre dans l'atelier de Violaine Vieillefond me fait plonger immédiatement au coeur d'un espace que l'artiste me présente photographiquement,
avant de le métamorphoser par la fluidité exceptionnelle de sa créativité.

Grâce à ces peintures qui me placent dans la mouvance d'un monde gestualisé par l'artiste, je navigue mentalement dans une nef encore inconnue, mais qui me fait flotter sur la création d'une mise en espace fluidique. J'arrive ainsi sur un ponton qui domine les profondeurs de cette base, en m'invitant à pénétrer au plus profond d'une mise en scène plastique. Ma descente est ponctuée par une lumineuse "fontaine suspendue" qui multiplie les transparences flottantes de ses disques, devenant par la souple verticalité  des supports, de   monumentales gouttes de pluie. Cela m'incite, par la fraîcheur humide de ces couleurs, à attendre en suspens, leur écoulement sur le sol. "Cherchant l'équilibre entre le geste complètement hasardeux et le geste totalement pensé", Violaine place sur les tables circulaires d'un bar, de grands cercles faisant  tournoyer des flux de couleurs maritimes. Ces flaques picturales sont affirmées par leur élévation à partir du sol, comme des oeuvres autonomes, à contempler en prenant place assise, autour de leur intériorité. Je peux  rêver au plus profond de l'illusoire projection de ces disques suspendus,
d'une flottaison en surface qui renforce mon imprégnation fluidifiante que m'offre cette peinture.

Cette escale contemplative me place devant la chaleur sombre d'un mur, où un alignement de toiles rectangulaires,
faisant voisiner petits et grands formats, ouvre de multiples fenêtres de lumière... céleste où marine?

            Ces interrogations entre ce que je ressens comme des arborescences  liquides, où des nuageuses explosions, ont le pouvoir de scander un cheminement aléatoire, mais contradictoirement structuré par cet alignement imposé par l'artiste. Au fil de ce parcours horizontal, un diptyque vertical fait exploser à gauche le sombre angoissé d'une flaque d'acrylique, qui lance ses tentacules vers la droite. Le second panneau, en dépit de l'espace qui le sépare du premier, en reçoit des éclaboussures, accrochées à de véritables ramifications. Toujours dans le sens de ma lecture occidentale, je constate que la démarche artistique étant partie de la froideur du sombre, introduit la lumière chaleureuse du soleil, sans pour autant le trouver, car marqué par le bleu envahissant, ce désir de jaune ne peut être que vert!  Une fois de plus Violaine peut affirmer qu'elle..."cherche à rendre manifeste le rapport à un monde mouvant, structuré par des formes en métamorphose, dans un flux entre conscient et inconscient..." Cette fluidité d'une pensée devient une des réalités incontournables de la création. C'est alors que je me dirige vers un passage plus étroit, où après un temps de repos sur ce mur sombre, je découvre sur un polyptyque les rapports entre le construit de la structure et la mouvance de l'aquatique.
Ce n'est donc pas par hasard cette fois, que le voulu de cette construction enferme intensément l'imprévu d'une fluidité tempétueuse.

            Avant de quitter cette salle, je refais surface en direction de grandes  toiles verticales, accrochées de part et d'autre de verrières tangentes au plafond, mais ouvertes sur le ciel. Je ressens ainsi le plaisir de métamorphoser la profondeur du liquide, en élévation céleste. Pourtant l'artiste sait contrôler ses interventions, en libérant la matière picturale sur le vide du support, sans pour autant l'envahir. La violence des formes vives, ne peut alors que s'exciter dans le trouble de leurs organes sensoriels, en ne pouvant dépasser les circonvolutions de leurs gesticulations flottantes
L'influx de ce parcours, me fait me diriger vers l'illusion d'une sortie, mais par hasard je suis immobilisé encore une fois, par une escale devant un grand disque mural en plexiglas. Son titre: "Hasards et nécessités" m'oblige nécessairement à jouer avec ces multiples boîtes de Pétri qui pétillent
 
            Au sortir de cette grande salle, un couloir qui vire à angle droit, me place devant un mur qui se laisse consteller par de minuscules gouttes de couleur. Certaines sont lumineuses intérieurement, car elles ne font que clore les  ouvertures murales vers l'extérieur en me métamorphosant en navigateur sous-marin. Cette fois c'est un véritable scintillement mural éclairé par la  peinture, qui paradoxalement encore, va masquer la lumière, tout en se laissant traverser par elle, au hasard des variations atmosphériques. Face à cette métamorphose astrologique, des petites peintures, toujours aussi vivaces, se laissent enfermer au sein de cadres carrés qui les emprisonnent de blanc  impeccable, mais comme Violaine l'a ordonné, deviennent les révélateurs de la fluidité spatiale de leurs couleurs aquatiques. En conclusion l'artiste aligne sur une horizontale impérative, sa volonté de dominer les fluides inventifs de sa créativité.
            En atelier, lieu de projection sur le futur, je découvre un projet de mise en espace d'une oeuvre, dont la fluidité spontanée, me fait nager entre   d'étonnantes montagnes sous-marines, tout en imaginant le "pavillon de l'eau", devenu exceptionnellement métamorphosable par la fluidique création de Violaine Vieillefond.



Catalogue 28 pages:
(édition 2012, et réédition 2017 à l'occasion des 10 ans du Pavillon de l'eau)


     





Magazine trimestriel "A paris":
 





 

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Maisons Alfort Magazine, à propos de l'exposition à la Médiathèque municipale
janvier 2009 - avril mai 2008

 



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Mémoires de vents et lumières
Par Isaac ORTIZAR, critique d'art (AICA)
juillet 200
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La peinture de Violaine Vieillefond est construite dans un territoire où le fonctionnement et l’existence de la couleur sont parcourus par des vents de lumières.

Dans ses toiles, la couleur et la matière vont ainsi se mettre en communion pour commencer un long parcours où se dégagent des traces de lumières et des éclats poétiques capables de transmettre toute sa dimension plastique sur la toile.

Des tableaux baignés par des couleurs concentrées – rouges, bleus, jaunes, verts et gris – qui s’acheminent, se déplacent, s’évaporent dans une atmosphère diluée par des voiles vaporeux pour ensuite conquérir la luminosité de leurs diaphragmes spatiaux.

Violaine Vieillefond se jette dans ses toiles avec des couleurs pures et les travaille avec force et détermination jusqu’à arriver à les diluer, créant ainsi de nouvelles textures plus froides qui se répandent à grande vitesse pour y trouver des lumières, de l’harmonie, où vont se tisser ses liens poétiques capables de nous toucher au plus profond de nous-mêmes : une abstraction active, émotive, rassurante, fruit d’une longue étude d’artiste accomplie.

Car l’effet recherché est d’animer et de donner libre place à une géographie poétique où le dominant serait une profonde spiritualité plastique.

Une fusion dynamique et poétique où sont inscrites les traces des terres et des forêts brûlées, des pierres calcinées et volcaniques, des eaux bouillonnantes et une évaporation profonde que cherchent les vents de lumière pour se propager à travers l’espace de ses toiles.
Des tableaux-mémoires des vents et des lumières surgis de sa propre sensibilité, qui vont ainsi former une palette complète en mouvement, liés à des textures et des matières.

C’est alors que Violaine Vieillefond trouve dans la joie de la couleur et des lumières dilatées un nouvel esprit qui capte une autre vision de l’art contemporain.